Eino Leino
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Eino Leino

Eino Leino naît sous le nom d’Armas Einar Leopold Lönnholm à la ferme d’Hövelö à Paltaniemi dans la région de Paltamo le 6 juillet 1878. Il est le septième fils d’Anders Lönnbohm et de Anna Emilia. La famille maternelle comprenait de nombreux hommes d’églises, ainsi que des militaires. Le père venait de Carélie.
Jeune enfant entouré d’adultes, Leino est solitaire et lit beaucoup ; sa solitude devient détresse lorsqu’il perd son père en 1890, et sa mère en 1895 - à dix-sept ans il est orphelin.
Il ne cesse alors de déménager. Il fréquente l’école de Kajaani, puis d’Oulu, vit chez un de ses frères à Hämeenlinna ; plus jeune que ses camarades d’étude, il acquiert vite une réputation d’intellectuel, éditant un journal, Vasama, et traduisant en finnois des œuvres de Runeberg.
En 1895 il fréquente l’université d’Helsinki, mais ses études sont mises de côté au profit de l’écriture. Dès 1896 il publie deux recueils de poèmes : Maaliskuun lauluja (Chants de Mars) et Tarina suuresta tammesta (La légende des grands chênes). Leino est un auteur prolifique : les écrits se succèdent avec rapidité.
Avec son frère Kasimir, critique et directeur de théâtre, personnage influent du monde littéraire, il fonde la revue Nykyaika, « Temps nouveaux », dont l’objectif est de présenter l’art, la culture du monde entier. Malgré sa qualité, elle ne paraît que pendant un an.
En 1899 Leino écrit dans le journal Päivälehti et en 1904 il est critique au journal Helsingin Sanomat ; en tant que chroniqueur de ce journal, il devient peu à peu célèbre.
Leino s’intéresse alors au Kalevala et à la poésie finnoise ancienne en général. Il publie le recueil Helkävirsiä en 1903, présenté souvent comme une synthèse originale entre littérature "moderne" et mythes finnois.
En 1902 il tombe amoureux de Freya Schoultz, écrit pour elle Talvi-Yö ( La nuit d’hiver, 1905) et l’épouse le dix septembre de la même année. Une fille, Eya Helka, naît de cette union.
Il écrit alors plusieurs pièces de théâtre, s’attaque dans les colonnes de l’Helsingin sanomat à l’oppresseur russe, traduit Goethe et publie le recueil Halla en 1908.
Le couple se sépare au printemps 1908. Leino part, n’emportant « que ses livres, et ses papiers », du moins c’est ce qu’il écrit à son ami Otto Manninen.
Il est pris d’une grande culpabilité, en particulier à l’égard de sa fille. Il lui apporta toujours un soutien financier mais la vit peu souvent.
Il se lie avec la poétesse L. Onerva, rencontrée pendant son mariage. La relation, passionnelle, puis amicale, durera jusqu’à la mort de Leino.
Leur voyage à Rome en 1908 fit scandale, car ils étaient tous deux encore mariés.
Pourtant, en 1913, Leino épouse la harpiste Aino Kajanus, et L. Onerva épouse de son côté le compositeur Leevi Madetoja.
Il écrit une série de romans, Työn orja, Raha orja, Naisen orja et Onnen orja, décrivant et critiquant le monde capitaliste, où art et valeurs spirituelles sont mis en pièces.
En 1912 il publie le deuxième tome d’Helkävirsiä, et un texte philosophique : Alla kasvon Kaikkivallan (Sous le regard du tout puissant), en 1917. Il a une liaison avec Aino Kallas, femme d’un diplomate estonien, ce qui fait scandale.
La guerre civile finlandaise qui suivit la révolution russe et donna à la Finlande son indépendance fut un choc profond pour Leino ; s’il avait écrit pour défendre l’indépendance de la Finlande, il se sentait des sympathies pour les deux parties - rouges et blancs. Si les « blancs » lui apparurent comme les défenseurs de la culture européenne, quelques poèmes célébrèrent également les « rouges ».
La vie devint plus difficile, sa santé se dégradant. Il fit de nombreux séjours à l’hôpital. Il meurt à quarante-sept ans à Riitahuhta, Nuppulinna, le 10 janvier 1926.
Bertel Gripenberg, ami de Leino, écrivit ceci à son propos :
« Eino Leino était peut-être le seul auteur finlandais qui peut vraiment être appelé un génie, si par génie on entend la richesse débordante et constante de son esprit, le vol incessant de ses pensées, ses nombreuses facettes et son incroyable capacité au travail, ou sa soif de travail. »
Eino Leino est certes un des très grands écrivains du monde, un de ceux que l’on ne doit pas oublier. Venant d’un petit pays auquel l’on ne s’intéresse guère, écrivant dans une langue marginale, non indo-européenne, il n’a malheureusement pas la place qui devrait être la sienne.
Les thèmes qui traversent son œuvre sont variés : avec les poèmes inspirés directement par les mythes finnois, et proches du kalevala, l’épopée nationale finlandaise, qui ont fait souvent sa célébrité, on trouve de nombreux poèmes plus centrés sur le folklore, la vie quotidienne des finlandais au dix-neuvième siècle. Il est également un grand représentant de la poésie romantique, avec de nombreux poèmes d’amour, des poèmes mélancoliques tels qu’on en trouve dans tout le dix-neuvième siècle européen, et d’une qualité qui n’a rien à envier aux grands noms du romantisme.
La part qui est peut-être la plus originale de son œuvre, celle qui a toujours la même pertinence, est sans doute celle inspirée par ce qu’on serait tenté d’appeler, à propos de toute la littérature nordique de l’entre deux siècles, le lyrisme libre. Lyrisme, car expression de soi, libre, car c’est une expression soudain dégagée des influences littéraires, artistiques dominantes de son temps ; comme Edith Södergran, différemment, mais avec une même liberté, parle d’elle, de ses idées, de ses sentiments, Leino écrit sur lui, se choisit comme thème, mais sans jamais se cacher sous une tradition : ni romantique, ni symbolique, ni même classique. L’isolement des écrivains nordiques au dix-neuvième, et au début du vingtième siècle, la tradition romantique du lyrisme et son essoufflement progressif - quoiqu’il en soit, cette période, ce lieu - ont permis cette propension à une expression personnelle qu’on peut qualifier, sans pose, d’authentique.

R. Mathieux, Juillet 2007.

Tulkaa kotiin

Kaikki te kiertävät tunteet ja tuskat,
tulkaa kotiin,
myöskin sa saartava kauneuden kaipuu !
Ettekö nää, miten valkeus vaipuu,
varjot pitenee,
elämä lyhenne,
kuoleman jalka vain kulkea jaksaa ?

Kaikk' elon etsijät, eksynehetkin,
tulkaa kotiin !
kohta ja korpien komerot tummuu,
aurinko sammu,
pimeys peittää maan,
portit suljetaan,
eivätkä aukene enää koskaan.

Kaikki te ystävät harvat ja hyvät,
tulkaa kotiin
kuin valot Luojaansa suuret ja pienet !
kotiinsa kulkevat ihmiset, karjat,
ilot, muistot enenee,
toivot vähenee,
kohta ei erota toistaan toinen.


Rentrez à la maison

Vous toutes les souffrances, les impressions qui vont et viennent,
rentrez à la maison,
toi aussi, désir impérieux de la beauté !
Ne voyez-vous pas comme la clarté tombe,
les ombres se répandent, la vie se raccourcit,
le pas de la mort seul
a-t-il encor la force d’avancer ?

Tous les chercheurs de la vie, perdus aussi,
rentrez à la maison !
Lieux et forêts lointaines déjà s'assombrissent,
et le soleil s'éteint,
l'obscurité couvre la terre,
les portes se fermant
jamais plus ne seront ouvertes.

Vous tous, amis rares, précieux,
rentrez à la maison,
lumières du créateur, grandes et petites !
Les hommes, le bétail, tous rejoignent leur maison,
les joies, les souvenirs augmentent,
les espoirs diminuent,
si bien qu'on ne peut plus les distinguer.

jarvella
15/05/06