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Jnas HALLGRMSSON et Steinn Steinarr.

HALLGRMSSON, Jnas

1807-1845.
Incontestablement le plus grand poète du dix-neuvième siècle, en Islande. On sait peu de chose de son enfance, qui semble avoir été plutt heureuse.
La pauvreté le menaça toute sa vie. Il étudia le droit à luniversité de Copenhague, mais également la zoologie, et la géologie. Passionné par les sciences, il fut un érudit qui ne cessa détudier, de se perfectionner, sans pour autant laisser de cté la littérature. Très actif, il participa à de nombreuses associations littéraires.
Il utilisa également ses connaissances scientifiques sur le terrain, en Islande, où il vécut quand il nétait pas au Danemark.
Tombant dans un escalier à Copenhague, il se blessa à la jambe. La gangrène lemporta.

Feralok

starstjrnu
yfir Hraundranga
skla ntursk;
hl hn himni,
hryggur rir
sveinn djpum dali.

Veit ég hvar von ll
og verld mn
gldd er gus loga.
Hlekki brt ég hugar,
og heilum mér
fleygi fam inn .

Skkvi ég mér og sé ég
slu ér
og lfi nu lifi;
andartak sérhvert,
sem ann ér gu,
finn ég heitu hjarta.

Tndum vi fjalli,
tv vorum saman,
blm hrri hl;
kntti ég kerfi
og kjltu ér
lagi ljfar gjafir.

Hlstu mér a hfi
hringum ilmandi
bjartra blgrasa,
einn af rum,
og a llu dist,
og greipst aftur af.

Hlgum vi heii,
himinn glanai
fagur fjallabrn;
alls yndi
tti mér ekki vera
utan voru lfi lifa.

Grétu lautu
gir blmlfar,
skilna okkarn skildu;
dgg a vi hugum,
og dropa kalda
kysstum r krossgrasi.

Hélt ég ér hesti
hrum straumi,
og fann til fullnustu,
blmknapp ann gti
ég bori og vari
ll yfir viskei.

Greiddi ég ér lokka
vi Galtar
vel og vandlega;
brosa blmvarir,
blika sjnstjrnur,
ronar heitur hlr.

Fjr er n fagri
fylgd inni
sveinn djpum dali;
starstjarna
yfir Hraundranga
skn bak vi sk.

Ha skilur hnetti
himingeimur,
bla skilur bakka og egg;
en anda, sem unnast,
fr aldregi
eilf a skili.


Fin du voyage.

L'étoile de l'amour
sur les roches volcaniques
est cachée par un nuage de nuit;
elle riait, du ciel
sur le garçon dans la sombre vallée
triste et obstiné.

Je sais où tout espoir
où ce monde mien
est renforcé par la flamme de Dieu.
Je brise les chanes de l'esprit
et sincère, entier
je m'insère en tes bras.

Je sombre et je vois
en ton âme
vivant de ta vie;
chaque moment
que Dieu t'aime,
je le découvre en mon coeur brlant.

Nous cueillons sur la montagne,
ensemble,
des fleurs sur les pentes ;
je tresse des couronnes
et je les pose, tendres présents,
sur tes genoux.

Tu attaches à mon front
des couronnes parfumées
de brillants géraniums des montagnes.
Une, et puis d'autres,
tu les a admirées
et puis enlevées.

Nous avons ri sur le chemin
le ciel s'éclairait
beau, au bord de la montagne.
Aucune autre joie
ne semblait exister
que vivre notre vie.

D'aimables fleurs fantmes
pleuraient dans les fossés,
sachant que nous devions partir ;
nous pensions que c'était la rosée
et nous embrassâmes dans l'herbe
les gouttes froides.

Je te serrais sur le cheval
dans le courant rapide
et je sentis parfaitement
que je prendrais soin
de cette fleur, la porterais,
la défendrais toute ma vie.

Je démêlai ses boucles de cheveux
près du ruisseau Galtar
avec douceur, et attention ;
sourient les lèvres des fleurs
brillent l'oeil des étoiles,
rougissant de chaleur.

Maintenant il est loin
de toi, ce garçon
dans la vallée sombre ;
l'étoile de l'amour
sur les roches volcaniques
brille derrière les nuages.

Là-haut l'espace immense
sépare les globes,
la lame sépare les bords ;
mais les âmes, qui s'aiment,
l'éternité ne peut
jamais les séparer.

Steinn Steinarr n'étant pas entré dans le domaine public, il n'est pas possible de présenter une traduction complète.

**************************************

Steinn Steinarr.
1808-1858.

On parle souvent avec raison de miracle islandais , lorsquon évoque lincroyable richesse de la littérature médiévale islandaise, les sagas , aujourdhui connues partout dans le monde. Il est vraiment incroyable de penser que lIslande, à lépoque peuplée de quelques milliers de colons, ne vivant pas vraiment dans laisance, ait pu ainsi voir tant de textes, et dune qualité si extraordinaire, voir le jour.
Cet héritage a pesé lourdement sur les lettres islandaises, car comment rivaliser avec de tels matres ? On observe ainsi une sorte de méfiance étrange envers les auteurs islandais modernes ; très peu sont traduits, quasiment aucun nest connu des publics européens, à lexception de Laxness.
Steinn Steinarr est pourtant le poète qui aurait d redonner à lIslande la place qui est la sienne dans la littérature moderne . Cest lun des premiers poètes islandais à vivre de sa plume ; cest aussi le meilleur dentre eux. Si ce nest lombre des scaldes, si ce nest lisolement de son pays, si ce nest sa langue marginale, son uvre aurait sa place à cté des grands poètes de ce siècle, de Yeats à Garcia-Lorca.
Ađalsteinn Kristmundsson, de son vrai nom, est né à Nauteyrarheppur en 1908. Infirme, il séteint à Rekjavik en 1958.
La lecture rapide de ses poèmes donne une impression de noirceur ; lamour et la mort semble se mêler, la guerre na pas de sens et permet seulement à certains de tirer du profit (Réflexions sur une nouvelle guerre mondiale) ; lespoir ne mène nulle part (Enfant, laisse-toi consoler). Mais si lon regarde de plus prêt, cest en fait lentrelacement de la lumière et de lobscurité qui le caractérise davantage ; cest cette étrange imbrication de désespoir et de joie qui rend son uvre si profonde. Comme il lexprime dans Le temps et leau, labsence est unie à la présence :
ton éloignement dort
entre mes bras serrés. (Le temps et leau, 12)
Lamour est mêlé à la mort, car son existence même trouve son origine où le pressentiment de la mort trouve le sien ; la force de la flamme ne vient que de lexistence de sa fin, la mort est une même réponse :
Dans la flamme de lamour de la jeunesse
le pressentiment de la mort de la vieillesse
la graine est dune même étoffe
et a une même fin. (Lamour et la mort)
Létrange consolation quil propose peut paratre sans espoir :
Moi, qui ai aimé plus que personne ne le peut,
je ne me souviens plus, de ce que jai aimé. (Enfant, laisse-toi consoler)
Mais si lon oublie le meilleur, cest quon peut oublier le pire. Il nest jamais bien sans mal, ou mal sans recours.
Le poème le plus poignant est sans doute Le monde et moi , où la douleur devrait rester sans espoir : la fin dun enfant. Mais cette mort réconcilie Steinarr avec le monde : car le monde lui-même est une victime du mal :
et cet enfant, qui avait mon amour
était également lenfant du monde et son espoir.
Ainsi, lennemi devient la vie même : elle qui fait natre son ombre, la mort, et alors vient la réconciliation avec le monde :
et nous qui, autrefois, la cruauté à lesprit,
oeuvrions à la perte de lautre, nous prédisant notre défaite,
nous avons vu, finalement, à la lumière de ce qui était arrivé
que la vie était contre nous deux.

Maintenant nous ne portons plus cette amertume dans la poitrine
Ni de froideur cachée au fond du cur,
Cependant mon malheur est une part du chagrin du monde,
Et le malheur du monde habite en ma souffrance.

Si la vie est donc finalement méprisée, la situation du monde est une situation où rien ne peut être maudit : car lessence même de tout bien est quil a un point de contact avec son ombre. Si malédiction il y a, cest dans cette nécessité ; en attendant, Steinarr ne fait que constater léquilibre du monde, et sa vision nest pas noire, seulement réaliste. Il parvient même dans le plus douloureux à trouver réconciliation : comment peut-on le qualifier de désespéré ? Il nest que réaliste. Il ne semble que constater, cest là sa force.

Heimurinn og ég.

ess minnist ég, a mér og essum heimi
kom misjafnlega saman fyrr dgum.
Og beggja ml var blandi seyrnum keimi,
v bir vissu margt af annars hgum.

Svo henti lti atvik einu sinni,
sem okkur, essa gmlu fjandmenn stti:
a ljshrt barn, sem lék nvist minni,
var leitt brott me voveiflegum htti.

a hafi veikum veitt mér blessun sna
og von, sem geri ftkt mna rka.
Og etta barn, sem tti st mna,
var einnig heimsins barn og von hans lka.

Og vi, sem ur fyrr me grimmd gei
gerum hvor rum tjn og falli spum,
sum a loks ljsi ess, sem skei,
a lfi var mti okkur bum.

N lum vi ei lengur beiskju barmi
né byrgjum kala neinn hjrtum inni,
v ln mitt er brot af heimsins harmi,
og heimsins ln br jning minni.


Le monde et moi.

Je me rappelle que ce monde et moi,
nous avions quelques différents autrefois.
Et nos échanges étaient mêlés d'amertume,
et tous deux nous en savions beaucoup l'un sur l'autre.

Puis un petit incident nous arriva,
réconciliant deux vieux ennemis:
qu'un enfant blond, qui jouait près de moi
fut emporté d'une manière tragique.

A moi, faible, il avait accordé sa bénédiction,
et l'espérance, qui avait fait riche ma pauvreté.
Et cet enfant, qui avait mon amour
était également l'enfant du monde et son espoir.

Et nous, qui, autrefois, la cruauté à l'esprit,
oeuvrant à la perte de l'autre, nous prédisant notre défaite,
nous avons vu , finalement, à la lumière de ce qui était arrivé
que la vie était contre nous deux.

Maintenant nous ne portons plus cette amertume dans la poitrine
ni de froideur cachée au fond du coeur,
cependant mon malheur est une part du chagrin du monde,
et le malheur du monde habite en ma souffrance.


jarvella
15/05/06