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BANG, Herman
Danois
1857-1912
Né le 2 avril 1857 ; après des études universitaires, il commence une carrière de journaliste, puis devient acteur, metteur en scène, à Paris et à Copenhague. Il voyagea beaucoup et vécut dans de nombreuses villes européennes.

Min moder

Hvorfor sér jeg bestandig
dit tungsindige Blik?
hvorfor hører jeg altid
din bedrøvede Røst?

Moder — er det fordi
det var den samme Jammer,
hvorunder Du led,
hvormed jeg kæmper?

Var det den samme Sorg,
der bragte Dig Døden,
Døden, den tidlige Død,
Blomstens, der knækkes, lig?

Jeg ved det ej:
din Smerte talte ikke.

Men jeg, jeg vilde saa gerne
nu lægge mit Hoved i dit Skød,
og dine Hænder skulde stryge mit Haar,
mens jeg skrifted mit Hjertes Nød.

Hvem véd? maaske gav det Trøst,
at der var samme Jammer,
— der kan føre til samme Død —
for Dig, min Moder, mit Udspring,
og mig, i hvem Du
forplanted din Nød.


Ma mère

Pourquoi je vois constamment
ton regard triste ?
Pourquoi j’entends toujours
ta voix affligée ?

Mère- est-ce parce que
c’était la même misère
sous laquelle tu peinais,
avec laquelle je lutte ?
Etait-ce la même souffrance
qui t’apporta la mort,
la mort, la mort précoce,
celle de la fleur brisée ?

Je ne sais pas :
ta peine était muette.

Mais moi, je voudrais tant
maintenant poser ma tête contre ton sein,
et tes mains caresseraient mes cheveux,
pendant que je confesserais ma détresse.

Qui sait ? Cela apporterait peut être consolation,
que ce soit la même misère,
elle peut mener à la même mort-
pour toi, ma mère, mon origine,
et moi, en qui tu
transmis même détresse.

AARESTRUP, Emil
Danois
1800-1856
Né à Copenhague. Se consacre à la littérature et à la traduction (Heine, Byron) après des études de médecine.

Angst

Hold fastere omkring mig
Med dine runde Arme;
Hold fast, imens dit Hjerte
Endnu har Blod og Varme.

Om lidt, saa er vi skilt ad,
Som Bærrene paa Hækken;
Om lidt, er vi forsvundne,
Som Boblerne i Bækken.


Angoisse

Tiens-moi plus fermement
De tes bras arrondis ;
Tiens fort, tandis que ton cœur
Toujours a sang et chaleur.

Sous peu, nous serons partis
Comme les baies de la haie ;
Sous peu, nous aurons disparu,
Comme les bulles du ruisseau.


CLAUSSEN, Sophus.
Danois.
1865-1931.
Sophus Claussen naît le 9 décembre 1865 sur l’île de Langeland. Il étudia le droit avant d’abandonner ses études. Membre du groupe d’étudiants radicaux réunis autour de Georg Brandes, il publia en 1887 un recueil de poèmes qui fit scandale, Naturbørn. Il travailla parallèlement dans divers journaux. Entre 1892 et 1894, il voyagea en France et en Italie , rencontrant Verlaine et les symbolistes. Il retournera d’ailleurs dans ces deux pays en 1902 et 1906.

I en frugthave

Faldt der Storm over solstille Flade?
Min Sjæl flagred op som et Lin;
og en lynflængt Tordenkaskade
skylled Regn over grønne Blade.
Da det blev tyst, var du min.

Der er fugtigt i Stikkelsbærgange
og dufter, nu det er tyst,
fra det dyngvaade Græs og de mange
Kirsebærblomster, som prange
skært mod et Lufthav saa lyst.

Lad mig vandre herind ved din Side,
mørkøjede Jomfru fin;
dine Hænder, de frugtblomst-hvide,
lad tæt mig om Livet glide,
du min smidigrankede Vin.

O din Kind, den æbleblomst-røde,
læn mod mig og kys min Mund.
Dine Læber er vellugtsøde.
Men de sarteste Kærtegn gløde
fra Øjnenes mørkblanke Grund.

Har din Arm om min Hals jeg trukken
og din Barm mod mit Hjærte tæt,
saa jeg hører din sagteste Sukken,
da fryser jeg ikke i Duggen,
da bæver jeg saligheds-let.

Mod Solnedgangs-Blaaet højne
Frugtblomsterne deres Pragt.
Foran mig to undrende Øjne,
foran mig din Barm og din nøgne
Arm mig om Nakken lagt.

Du er vaad om din Fod, du rene,
og krydret som Frugthavens Lugt.
Lad os kysses tyst og alene!
vi er selv som to Æblegrene,
skal blomstre og bære Frugt.


Dans un verger.

Une tempête est-elle tombée sur l'étendue ensoleillée?
Mon âme s'agite comme un linge au vent ;
et une cascade de tonnerre frangée de lumière
pleut à verse sur les feuilles vertes.
Quand tout fut calme, tu fus mienne.

C'est humide sur les sentiers parmi les groseilles,
il y a un parfum, maintenant que c'est calme,
de l'herbe détrempée et de toutes
les fleurs de cerisier resplendissantes
contre une mer d'air si brillant.

Laisse-moi vagabonder là près de toi,
belle fille aux yeux noirs,
tes mains de fleurs blanches
frôlaient ma taille,
toi, ma vigne souple et fière.

O ta joue, rouge fleur de pommier,
pose-là contre la mienne, et embrasse-moi.
Tes lèvres sont de doux parfums,
mais la plus douce des caresses luit
des profondeurs noires de tes yeux.

Quand j'ai attiré ton bras autour de mon cou,
et ton sein près de mon coeur,
j'entends ton doux soupir ;
alors je ne sens pas le froid de la rosée,
et je tremble, bienheureux.

Par le coucher de soleil bleu
est rehaussée la splendeur des fleurs ;
devant moi deux yeux étonnés,
devant moi ta poitrine et ton bras
nu autour de mon cou.

Tu marches dans l'humidité, toi pure,
épicée par le parfum du verger.
Embrassons-nous, silencieux et seuls!
Nous, comme les branches de pommier
devons fleurir et porter fruit.

JACOBSEN, Jens Peter
Danois
1847-1885
J. P. Jacobsen est né en 1847 à Thisted. Il déménage à Copenhague en 1867, où il étudie l aphilosophie et les sciences naturelles ; il traduit ainsi deux œuvres de Darwin en danois. Il meurt de la tuberculose en 1885.


En svunden dag.

En svunden Dag
En svunden Tid
Vaagner igjen i mit Minde.
Skyggers og Solstraalers brogede Strid
Henover Skovstiens Bane
Sommerens Dufte,
Legende Lufte.


Un jour disparu.

Un jour disparu
Un temps disparu
S’éveille encore en ma mémoire.
Luttes variées d’ombres et de rayons de soleil
Au-dessus de la ligne des sentiers de forêt
Parfum d’été,
Vents jouant.

jarvella
15/05/06